Dans la pédagogie traditionnelle adoptée en France, l'apprentissage de la musique nécessite de savoir déchiffrer une partition, autrement dit vous devez “en même temps” apprendre à lire et à parler la musique. Dans cette approche, le solfège est obligatoire.
Pourtant, dans le monde, la majorité des musiciens, apprennent par l'écoute et l'imitation du geste enseigné par leur maître.
Dans cette fiche pratique, j'explicite ma vision de la partition et ma pratique de cet outil.
La partition, outil de transcription ou d'écriture musicale, est décrite dans cet article : Partition musicale.
Il est important d'en lire le contenu avant d'aborder cette fiche pratique.
La partition a pour moi plusieurs fonctions :
J'ai mis plusieurs années à comprendre la nature de la partition.
Commençons par énoncer ce qu'elle n'est pas : Un texte d'auteur qu'il faut respecter mot à mot.
La musique est vivante, et la partition n'est que la photographie à un instant T d'une façon de faire vivre la musique. Comme toute photographie, elle comporte ses zones d'ombres, de flou artistique dont l'interprète ou le chef d'orchestre doivent s’accommoder.
Je considère que la partition est une invitation à un voyage musical. Elle se compose d'une carte décrivant un paysage sonore, avec une ou plusieurs voix.
Dans cet espace les voix s'arrangent dans une même tonalité générale pour parcourir chacune un itinéraire musical annoté sur la carte.
Si l'on admet que la partition est une carte sur laquelle s'écrit un itinéraire musical, il faut maintenant expliciter
Commençons d'abord par la carte.
La porté, est l'élément de la carte représentant des hauteurs de son.
A chaque ligne et intervalle de la portée correspond une hauteur de son différente, appartenant à la gamme diatonique composée de sept notes : Do, Ré Mi, Fa, Sol, La, Si (ou A,B,C,D,E,F,G).
Comme la portée dispose de cinq lignes, de quatre interlignes (entre les cinq lignes), auxquels s'ajoutent les niveaux plancher et plafonds collés respectivement sous la ligne basse ou sur la ligne haute, dans sa lecture verticale la porté est une carte représentant onze hauteurs musicales.
A cette étape, il nous manque un repère. Comme une carte doit être calée sur le Nord magnétique, la portée doit être calée sur une hauteur de son correspondante à la Tessiture de la voix ou de l'instrument de musique qu'elle représente. Pour caler la portée sur la voix, on utilise une Clef.
Les claviers, sont des instruments qui ont une ample tessiture et peuvent couvrir de trois à huit octaves.
Pour ces instruments la partition va inclure plusieurs portées organisées de bas en haut suivant la hauteur du son et regroupées dans un système. Voici celui du piano :
Il comporte deux portées :
Voici maintenant une vue du clavier avec les lignes de chaque portée pointant sur sa touche correspondante.
Il apparait immédiatement que le système à deux portées utilisé pour le piano est bien une carte du clavier.
Elle couvre le centre du piano sur une amplitude de trois octaves et elle peut être complétée par deslignes et interlignes supplémentaires.
Par exemple la note Do située au centre du clavier, entre les deux portées, sera placée sur une ligne supplémentaire.
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Avant de pouvoir déchiffrer un itinéraire sur une carte, en particulier en course d'orientation que j'ai beaucoup pratiqué, il est important de comprendre rapidement le rapport entre ce que l'on voit sur le terrain et sa représentation sur la carte.
Concernant le clavier, et le système le représentant, le rapport est quasiment immédiat mais avant de déchiffrer une séquence de notes inscrites sur la partition, il peut être utile de développer des automatismes permettant d'actionner la touche du clavier correspondante à chaque position des portés.
Pour m'aider, j'ai marqué les lignes de la partition sur mon Piano Yamaha P121 (blanc) en plaçant un caractère transfert correspondant à la note (A à G) présente sur chaque ligne en regard de la touche. Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Après avoir expliqué les composants de la carte, voyons ceux de l'itinéraire.
Sur cette carte géographique de course d'orientation 1) l'itinéraire est figuré par une série de postes 2) numérotés. Chacun est constitué d'un cercle entourant un symbole.
Sur la partition, l'itinéraire musical est figuré par une série de notes, disposées dans une séquence de mesures ordonnées de gauche à droite et de haut en bas.
La tonalité d'une œuvre (ou d'un mouvement, d'un passage donné) est le cadre général dans lequel elle se déploie (le « chemin principal » qu’elle va suivre), lequel s’appuie sur une gamme diatonique particulière (do majeur, ré mineur…) constituée de sept notes ou degrés, dont le premier (la tonique) est le « centre de gravité » mélodique et harmonique 3) .
Sur le clavier, si l'on utilise que les touches blanches, on peut composer des itinéraires en deux tonalités :
Si l’œuvre est dans une autre tonalité, celle-ci est représentés par l'armure qui rassemble les altérations constitutives du morceau. L'armure contient un groupe de dièses ou de bémols placés au début de la portée sur les lignes ou les interlignes correspondantes aux notes altérées.
L'altération n'est indiquée qu'une fois sur la portée, mais s'applique à tous les octaves de la note considérée. Par exemple un dièse sur la cinquième ligne d'une portée en clé de Sol, s'applique au Fa de cette ligne mais aussi au Fa du premier interligne.
Remarquez que la position de chaque note alterne, à chaque octave, entre ligne et interligne.
En présence d'une armure, il faut décaler les notes de la gamme en respectant l’échelle tonale. Les touches blanches sont alors abaissées d'un demi-ton en utilisant la touche noire à leur gauche, ou au contraire augmenté d'un demi-ton en utilisant la touche noire à leur droite. Ceci est facilité car une armure ne comporte qu'un seul type d'altération.
La mesure est une segmentation de la durée du discours musical. En d'autres termes, la mesure est la division d'un morceau de musique en parties d'égales durées. Cette division s'indique au moyen de barres verticales sur la portée, appelées barres de mesure. 6)
La porté est segmentée en mesures. Une mesure est constituée de plusieurs temps.
Le chiffrage de la mesure exprime à la fois le nombre de temps par mesure, et la durée de la note utilisée pour l'unité de temps. Placé au début de la portée (après l'armure), il est composé de 2 chiffres :
Sur cette portée chaque mesure comporte 2 temps.
Le chiffre 4 indique que chaque pulsation est symbolisée par une noire.
Au dessus de la porté, l'annotation de tempo associe la valeur 120 à la noire, soit 120 pulsations par minutes ou 2 pulsations par seconde. Nous avons donc une partition dont chaque mesure dure 1 seconde et chaque temps 1/2 seconde.
La mesure permet d'organiser dans le temps les évènements musicaux.
Les notes disposées sur la portée sont placées en fonction du moment auquel elle doivent être jouées créant ainsi le rythme.
La partition peut aussi disposer d'une indication de Tempo fixant la fréquence des temps de la mesure.
Pour la mesure et le rythme voir la fiche pratique : Acquérir le sens du rythme
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